dimanche 13 janvier 2013

Message pour sédentaires : le camping sauvage...

Après les questions 'mais que mangez-vous?' et 'où dormez-vous?' posées par nos proches sédentaires, auxquelles nous avons déjà répondu dans des précédents messages, nous nous attaquons cette fois-ci à un autre beau morceau de leurs crispations : le camping sauvage !...
 
C'est simple : nous touchons là au point de rupture entre rationalité et peurs instinctives... certaines personnes n'arrivent en effet pas à concevoir l'idée même de poser la tente n'importe où, qui plus est dans un pays 'inconnu'... trop peur de se faire agresser par un multirécidiviste évadé, manger par un sanglier, saigner par des fourmis de vingt centimètres ou encore sucer par des mygales des rivières....


 
 
La peur...
 
… oui, la peur... la véritable peur viscérale, sans prise, sans visage... la peur de 'on ne sait pas quoi... on ne sait jamais !'
 
 
 

 
… car 'tout peut arriver !!'....


Voici grosso modo les discours qui nous sont servis à chaque fois que la question est évoquée (et nous vous passons les qualificatifs peu flatteurs qui souvent les accompagnent).


Dans les faits, nous avons bien passé jusqu'à présent quelques centaines de nuits en sauvage dans divers pays sans qu'aucun problème majeur ne nous soit jamais arrivé... mais c'est vrai, nous ne pouvons effectivement pas dire le contraire : 'on ne sait jamais'.


Des précautions élémentaires peuvent donc être prises : éviter par exemple de poser la tente au dessus d'une colline un jour de risque orageux, idem pour un fond de vallée encaissé à proximité d'un torrent qui pourrait grossir rapidement... en forêt, si vous ne pouvez faire autrement, repérer la santé des arbres de bonne taille autour de vous pour éviter qu'une branche maîtresse trop vermoulue vienne à terminer sa chute en travers de votre sac de couchage après un trop fort coup de vent... éviter tout endroit montagneux où des risques d'éboulis pourraient gâcher la nuit... de même, éviter tout terrain 'à failles' de type karstique, aux nombreux trous, gouffres et autres crevasses... plus anecdotique, bien étudier la configuration et la nature du sol pour éviter d'être réveillé dans son bain après une pluie nocturne... repérer l'exposition aux vents afin de s'en abriter du mieux possible (pertes calorifiques parfois non négligeables, surtout en montagne, ou encore, risque de 'crisser des dents' au petit matin si le terrain alentour est sableux), ainsi que l'exposition du soleil au petit matin.

Il ne viendrait bien évidemment pas à l'esprit de poser la toile sous une ligne à haute tension, mais précisons le tout de même...


Selon le pays, bien s'informer sur les risques liés aux animaux : certaines précautions basiques doivent par exemple être prises dans des régions où vous pourriez rencontrer des ours, comme par exemple ne jamais dormir au même endroit où vous avez dîné, et garder la nourriture loin de la tente, si possible en l'accrochant en hauteur dans un arbre au bout d'une corde (la nourriture...)...


… enfin, il y a bien sûr LE prédateur numéro un : l'homme (utilisé comme terme générique, précisons bien)...

Là, c'est assez simple, comme nous avons déjà pu l'évoquer : il faut aussi écouter son instinct... il arrive parfois, sans qu'on arrive à dire pourquoi, qu'on ne 'sente pas' un coin... on sent qu'il vaut mieux continuer la route, se faire discret... de manière générale, il vaut mieux toujours trouver un coin à l'écart de tout pour poser la tente, à l'abri d'un bosquet, d'une haie naturelle... et ne pas hésiter (même avec un 2 roues), à traverser des champs pour trouver l'endroit adéquat.

S'installer peu avant la nuit et repartir peu après le lever du jour permet également de réduire le risque d'être repéré (ce qui peut certes poser problème dans les régions septentrionales...). Ne pas laisser de feu allumé, voire même ne pas faire de feu du tout si l'on juge cela préférable...

Bref, des précautions élémentaires afin d'éviter de mauvaises surprises telles que le fait (cela nous est arrivé quelques fois) de se faire réveiller en pleine nuit par des pleins phares braqués sur votre toile : des moments peu agréables où on a l'impression d'être enfermé dans un sac plastique sans savoir ce qui nous entoure... et surtout sans que rien ne se passe (de longues minutes de silence à se demander le cœur battant s'il faut sortir ou non de la tente...).

La plupart du temps, ce sont de braves gens aussi peu rassurés que vous (des paysans qui veillent à leur terre, des habitants de campagne qui voient avec suspicion tout événement étranger, etc...), quand ce ne sont pas des gendarmes ou autres brigades vertes.

 

Pour se rassurer, on peut également opter pour une tente à double ouverture : cela permet un champ de vision plus large, voire même, cela donne une porte de derrière, comme une sortie de secours !...

Vous pouvez toujours disposer des branches par dessus la toile comme camouflage, ou encore quelques 'pièges' autour de votre campement, des fils à linge, des brindilles sèches, etc...

Mais ce seront autant d'alarmes qui vous donneront de fausses alertes : dites-vous simplement que vous avez élu domicile pour une nuit sur un lieu vivant et que des visites nocturnes sont fréquentes. Un renard, une fouine, voire des crapauds viendront ainsi astiquer vos gamelles, renifler un coin de tente, ou encore gratter la toile non loin de votre tête pour l'escalader...

 
C'est comme bien souvent une question de bon sens et d'expérience. Peu à peu, vous apprendrez à reconnaître tous ces petits bruits nocturnes... et bientôt, vous verrez, vous dormirez à poings fermés...


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