‘Je ne crois que ce que je vois !’
Citation attribuée à un certain Saint Thomas
Vue, mais aussi toucher, ouïe, odorat, goût, voici les cinq sens qui nous furent donnés pour percevoir le monde qui nous entoure. Ce ‘monde sensible’ comme nous l’avons nommé jusque-là.
L’appréhension sensible : c’est notre premier moyen d’appréhension du monde, qui débute même, pour certains sens, avant notre naissance.
D’une richesse extraordinairement dense dans les premières années, nous avons vu comment ce monde s’érode au fil des années, au fur et à mesure que nous devenons ‘grands’.
Notre fidélité à l’égard de ce mode d’appréhension inné est toutefois telle, que le risque est grand de développer une image du monde global qui soit à l’image du monde sensible que l’on s’est construit : inévitablement réduite.
C’est ainsi par exemple que l’homme pour le dentiste devient un ensemble de prémolaires, de molaires et une glotte qui essaye maladroitement d’articuler quelques mots. Pour le professeur, l’homme est un être de douze à quinze ans avachi sur une table d’école, et qui lui rappelle d’ailleurs combien il vieillit. Pour l’animateur du camping, l’homme est un drôle d’oiseau qui s’extasie de sortir de chez lui, mais râle de ne pas être comme à la maison (et que sa bière n’est pas fraîche). Pour l’employée d’un SAV, l’homme est un être douteux, agressif et insatisfait, pour un membre de l’équipe de marketing, un être doué d’aspirations à satisfaire, pour un gendarme, un suspect avant tout, pour l’oncologue, un être condamné, pour le paléontologue, un être apparu il y a huit à dix millions d’années, etc…, etc…
‘Déformation professionnelle’ dit-on.
De fait, quand l’appréciation du genre humain se construit par exemple à travers l’expérience de relations conditionnées par nos fonctions, le risque est grand de se laisser gagner par une vision faussée.
Comment s’y prendre alors pour contrebalancer tant d’heures d’expérience biaisée du monde ou du genre humain ?
C’est très simple : soit on élargit notre monde sensible. Soit on s’en remet à l’abstraction.
Elargir notre monde sensible suppose d’être actif.
S’en remettre à l’abstraction peut se faire soit d’une manière toute aussi active (lecture, recherche, réflexion…), ou alors de manière passive : suivez mon regard… tourné bien sûr par exemple sur la commode de notre grand-mère.
L’homme, comme toute créature vivante, est ainsi fait qu’il veille à toujours obtenir ce qu’il souhaite au moindre coût, au moindre effort.
Et de manière instinctive, à votre avis, vers quelle solution notre homme avare de ses efforts va-t-il se tourner ?
…
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